Sandrine Deniau : Deauville, les chevaux et la liberté d'imaginer

Artiste, illustratrice et directrice artistique, Sandrine Deniau signe depuis plusieurs années l'univers graphique des grands rendez-vous équestres du Pôle International du Cheval Longines – Deauville. Ses affiches, reconnaissables à leurs couleurs éclatantes et à leurs chevaux en mouvement, racontent un Deauville joyeux, libre et résolument contemporain. Rencontre avec une artiste pour qui l'imaginaire n'a jamais été très loin de la réalité.
Vous êtes directrice artistique et illustratrice. Comment est née votre vocation ?
Je crois que je suis tombée dans le chaudron magique dès l'enfance ! Je viens d'une famille d'artistes. Mon père est réalisateur de films d'animation, César du meilleur court-métrage d'animation en 1986, et ma mère était directrice artistique. J'ai grandi dans un univers où l'on dessinait, où l'on inventait des histoires, où les images prenaient vie. Créer des univers visuels m'a donc toujours semblé naturel. J'ai ensuite construit mon parcours dans la direction artistique, en travaillant pour des univers très différents : la presse, l'édition, la mode, le luxe, la culture ou encore le sport. J'aime cette diversité. Chaque projet est l'occasion de raconter une nouvelle histoire, de trouver un langage graphique qui lui soit propre.
Votre travail pour le Pôle possède une identité très reconnaissable. Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans l'imaginaire deauvillais, évidemment !
Deauville possède un patrimoine visuel extraordinaire. Il y a les Planches, la plage, les parasols, leurs rayures et surtout ces couleurs très vives, presque primaires, qui font partie de l'identité de la ville.
On retrouve d'ailleurs cette palette dans les collections de l'Office de Tourisme, déclinée sur des coussins et des accessoires de décoration. J'aime cette idée que les couleurs de Deauville ne restent pas sur la plage, mais entrent dans les maisons.
C'est un univers à la fois élégant, populaire, joyeux et intemporel. J'essaie de retrouver cet esprit dans mes compositions, sans tomber dans une représentation trop littérale de la ville.
Vos chevaux semblent souvent s'envoler. Pourquoi cette liberté de mouvement ?

Je suis très sensible aux univers oniriques. J'aime les cavalcades, les chevaux qui s'élancent, virevoltent, sautent des obstacles presque mouvants, comme si les lois de la gravité n'existaient plus tout à fait.
Je représente généralement les chevaux sans cavaliers. Ce choix est important pour moi. Je veux qu'ils soient les véritables personnages de l'image, libres de leurs mouvements, de leur trajectoire, de leur énergie.
Les obstacles deviennent alors des éléments graphiques, parfois presque abstraits, qui participent à la composition. Il ne s'agit plus seulement de représenter une compétition, mais de raconter une sensation.
On retrouve aussi beaucoup de mouvement dans vos affiches, presque comme si le vent traversait l'image…
Oui, absolument. Le vent, les vagues, les mouvements de la mer font partie de mon imaginaire.
J'aime que les formes circulent, que les couleurs se répondent, que les chevaux semblent emportés dans un même élan. Je cherche une énergie presque musicale, avec du rythme, des accélérations, des envolées.
Il faut que l'image soit vivante. Qu'elle donne envie de bouger, de sortir, de rejoindre la fête.
Justement, vos affiches racontent autant la fête que le sport…
C'est exactement ce que je recherche.
Bien sûr, il y a la performance sportive, l'élégance du geste, la puissance du cheval. Mais ce qui m'intéresse aussi, c'est tout ce qui se passe autour.
J'aime que mes affiches sentent l'été, les vacances, la fête. Qu'elles évoquent cette joie de se retrouver, de partager un moment ensemble, autour d'une passion commune.
Les concours équestres sont aussi des lieux de rencontre. Il y a les cavaliers, les familles, les enfants, les passionnés, les curieux… Tout ce monde se rassemble grâce à l'amour d'un animal extraordinaire.
On dit parfois que le cheval est un cadeau de Dieu fait à l'homme. C'est une phrase qui me touche profondément. Je ressens quelque chose de cet ordre-là dans la relation que nous entretenons avec lui.
Vous êtes vous-même cavalière. Est-ce essentiel pour dessiner les chevaux ?
Je pense que cela change forcément le regard.
Quand on côtoie les chevaux, on connaît leur manière de se déplacer, leur puissance, leur sensibilité, leur personnalité. On apprend à observer une attitude, une tension, une impulsion.
Mais ce que je cherche dans mes illustrations n'est pas une reproduction anatomique ou sportive au sens strict. C'est plutôt une vérité du mouvement, une émotion.
Je prends volontiers des libertés avec la réalité pour aller chercher quelque chose de plus poétique. Un cheval peut devenir une vague, une silhouette peut se fondre dans une couleur, un saut peut se transformer en envolée.
C'est cette frontière entre le réel et l'imaginaire qui m'intéresse.

Aujourd'hui, vos affiches sont proposées à la vente dans la boutique du Pôle. Comment vivez-vous cette nouvelle étape ?
Je trouve très réjouissant que ces images puissent avoir une seconde vie.
Elles ont d'abord été créées pour annoncer des événements, habiller la ville, accompagner les grands rendez-vous sportifs du Pôle. Certaines ont été vues dans les rues de Deauville, sur les supports de communication ou au cœur des compétitions.
Aujourd'hui, elles deviennent des objets de décoration, des souvenirs que l'on peut conserver chez soi.
J'aime l'idée qu'une affiche puisse prolonger un été à Deauville, rappeler un concours, une émotion, un moment partagé. Et qu'elle puisse aussi séduire quelqu'un qui n'est pas nécessairement cavalier, simplement parce qu'il aime ses couleurs et son énergie.
Et si vous pouviez réaliser un rêve artistique en 2027 ?
J'aimerais revenir, d'une certaine manière, à mes origines familiales : le cinéma d'animation.
Mon rêve serait de réaliser un court-métrage d'animation en hommage au cheval et à Deauville.
J'imagine déjà des chevaux qui traverseraient les Planches, s'élanceraient au-dessus des parasols, se mêleraient aux vagues et aux couleurs de la ville. Un univers poétique, joyeux, libre, où l'on retrouverait toute cette énergie que j'essaie de transmettre dans mes affiches.
Et puis, puisque nous parlons de rêve, pourquoi ne pas imaginer qu'un jour ce film fasse l'ouverture du Festival du Cinéma Américain de Deauville ?
Ce serait une très belle façon de réunir tout ce qui m'anime : le dessin, le mouvement, le cinéma, les chevaux et Deauville.
Les Affiches du Pôle : une collection à découvrir
Les affiches imaginées par Sandrine Deniau pour les grands événements équestres du Pôle International du Cheval sont désormais disponibles dans la boutique en ligne.
Jump'in Deauville, Jump'Estival, Grand National… Retrouvez ces compositions colorées en plusieurs formats, avec ou sans cadre en bois naturel.
Découvrez la collection « Les Affiches du Pôle » dans notre boutique en ligne.




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